Il y a des jours où, vraiment, tout va mal.
Pas de manière objective, pas concrètement.
Ça va mal, c’est tout.
On ne supporte rien, et plus le rien est petit, anodin, ridicule, moins on le supporte.
Besoin de s’énerver, de matérialiser son mal être et de le focaliser sur un objet.
Le vieux qui n’avance pas dans la rue et qui vous bloque.
La chef qui vous reprend quand c’est elle qui a tort.
Tout le monde vous gonfle, tout vous excède, à commencer par vous-même.
N’y prenez pas garde et ce sentiment prend de l’ampleur.
On se sent de plus en plus mal. Mal dans sa peau, mal dans ses baskets.
On ne peut plus se voir dans la glace. On ne supporte plus la façon dont on est habillé coiffé, on ne supporte plus sa gueule.
On se merdifie.
On s’enfonce dans la paranoïa : "ils rigolent de moi " ; " est ce qu’il m’aime vraiment ".
On se trouve pas à la hauteur, de rien. On a l’impression de tout rater.
On se replie sur soi. Le contact avec l’autre devient une épreuve.
Les larmes ne sont plus très loin.
Plus goût à grand chose
Marre de tout.
Et puis vient la colère. Colère contre cet état, colère contre soi.
Réflexe de survie, colère salvatrice.
…
Et puis il y a un jour où cela s’arrête.
Et on redevient le maître du monde.
